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  • : Nous militons pour la transformation socialiste de la société, en France et à l’échelle internationale. Nous proposons un programme et des perspectives qui se distinguent des idées réformistes que défendent les dirigeants des grands partis de gauche. Ainsi, notre démarche consiste à promouvoir, dans la gauche et le mouvement syndical, les idées du marxisme et de l’internationalisme.
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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 08:50
 « Sicko », de Michael Moore

Armé d’un fil et d’une aiguille, Rick, un jeune chômeur, referme lui-même la plaie longue et profonde qui parcout son genoux : « je n’ai pas les moyens de me payer de véritables soins. » Le plan suivant nous montre Adam, la cinquantaine passée, penché sur la scie électrique qui lui a récemment emporté deux doigts. Un accident domestique comme il s’en produit souvent. Mais lorsqu’il est arrivé à l’hôpital, ses deux bouts de doigt en poche, on lui a sorti les tarifs : 12 000 dollars pour lui recoller l’annulaire, et 60 000 pour le majeur. Adam n’a pu se payer que l’intervention à 12 000 dollars.

Dans quel pays du Tiers-monde ces images ont-elles été tournées ? Aux Etats-Unis d’Amérique, la première puissance économique au monde. On a tous entendu dire que le système de santé américain était très inégalitaire. Mais le dernier film de Michael Moore, Sicko, permet de prendre la mesure de la catastrophe. C’est également un puissant plaidoyer contre ce système de santé rongé par des mutuelles privées uniquement préoccupées par leurs marges de profit.

Comme Adam et Rick, 50 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie. On estime que 18 000 d’entre eux en meurent, chaque année. « Mais ce n’est pas le sujet du film », explique Michael Moore. Le sujet du film, c’est l’enfer auquel sont confrontés de très nombreux Américains qui ont une mutuelle, lorsque par malheur ils tombent malades. Car le fait d’avoir souscrit une telle assurance n’est pas une garantie que vos soins seront payés. Les mutuelles privées n’ont tout simplement pas intérêt à vous rembourser : il y va de leurs bénéfices. Le remboursement d’un soin est une « perte » ; le refus de le rembourser, un « gain » : ainsi s’exprime-t-on, dans les hautes sphères de ces entreprises qui spéculent sur la santé de millions de travailleurs américains.

Fidèle à sa méthode, Michael Moore recueille toute une série de témoignages poignants qui se complètent pour former une seule et même dénonciation. Par exemple, une mère explique comment son enfant, victime d’un malaise soudain, est mort parce que sa mutuelle refusait qu’il soit reçu aux urgences les plus proches de son domicile.

Dans le bâtiment des urgences, des médecins étaient là qui auraient pu sauver l’enfant. Mais au téléphone, les ordres de sa mutuelle étaient formels : nous ne payeront pas les soins s’ils sont effectués ici. Dès lors, rien à faire : « circulez ». Ulcérée, la mère protestait, insistait, s’acharnait. Mais rien n’y fit. Le temps de se rendre dans le « bon » hôpital, l’enfant s’était éteint.

Sicko rapporte un certain nombre d’histoires dramatiques du même ordre, souvent très émouvantes. La mort n’est pas la seule option : les plus chanceux s’en sortiront avec d’énormes dettes, ou encore d’insupportables souffrances physiques ou psychiques. Au fur et à mesure que le film relate ces vies brisées sur l’autel du profit, on comprend qu’il ne s’agit pas de « faits divers » ou d’exceptions, mais de tragédies fréquentes, conséquences inévitables d’un véritable système.

Ce système, Moore montre aussi ceux qui en profitent : les grands patrons de l’industrie de la santé et les politiciens à leur solde (dans tous les sens du terme). Les bénéfices records, la corruption, les doubles discours : Moore intercale tout cela, sous formes d’images d’archives, entre les différents témoignages. Le contraste est poignant entre, d’un côté, cette caste de millionnaires pétrie de cynisme qui s’arroge le droit de vie ou de mort – et, de l’autre, ces familles dignes, courageuses, mais pauvres, qui racontent leur drame. Au passage, Moore – déjà la bête noire de Bush et des Républicains – discrédite les politiciens démocrates, et notamment Hillary Clinton, dont il dévoile la vénalité et la soumission complète aux intérêts de la classe dirigeante américaine.

Mais les témoignages les plus impressionnants sont peut-être ceux des anciens employés des grandes mutuelles privées, qui ont démissionné pour ne plus se sentir complices. Une ancienne secrétaire raconte, en larmes, qu’elle savait d’un coup d’œil si un dossier de candidature allait être rejeté par ses chefs. Car il faut postuler pour souscrire une assurance privée : celle-ci ne va pas prendre le risque de couvrir quelqu’un dont le passé médical augmente la probabilité qu’il soit malade ! Telle est la complète absurdité de l’affaire. Mais comme le disait Shakespeare, « il y a de la méthode dans cette folie ». Un médecin aillant quitté l’une de ces entreprises explique que son travail consistait à débusquer des vices de procédure, dans les dossiers des assurés, pour éviter d’avoir à payer leurs soins. Un autre raconte qu’il était généreusement augmenté chaque fois qu’il parvenait à réduire le nombre de remboursements. Or plus le mal est grave, plus les soins sont chers, et plus les enjeux financiers, pour la compagnie, sont importants. Ainsi, la course au profit entre en conflit direct avec la santé publique.

Une fois ce constat établi, Michael Moore entreprend un périple dans trois pays – le Canada, la Grande-Bretagne et la France – où il discute avec la population, les médecins et les employés des hôpitaux. L’objectif de Moore est de créer un contraste frappant entre les systèmes de santé de ces pays et celui des Etats-Unis. Ce faisant, Moore force le trait. Les travailleurs français, canadiens et britanniques ne partageront pas son enthousiasme pour leurs systèmes de santé respectifs, que leurs classes dirigeantes, d’ailleurs, ne cessent d’attaquer. Mais Moore ne fait pas dans le détail, pour ainsi dire, et ce jeu de contrastes lui donne une occasion de déployer son excellent humour. Pour finir, il amène un groupe d’Américains malades à Cuba, où ils se verront accorder gratuitement – comme c’est le cas pour tous les Cubains – les soins de qualité qui leur étaient refusés aux Etats-Unis.

Ce film a eu un énorme impact, outre-Atlantique, où il a suscité, chez des milliers de personnes, la volonté de s’organiser et de lutter pour le droit de tout citoyen américain à une véritable assurance maladie. Des réunions publiques et des comités de lutte se sont constitués. C’est un symptôme de la grande fermentation sociale à l’oeuvre, dans ce pays.

En France, également, nul doute que le film sera un succès. Il comprend d’ailleurs un avertissement pour la classe ouvrière française. La droite et le MEDEF rêvent de démanteler la sécurité sociale et d’ouvrir davantage le secteur de la santé aux mutuelles privées. Lors de la présentation de Sicko, à Cannes, Michael Moore nous a prévenus : « ne laissez pas Sarkozy s’inspirer de notre système ». Les jeunes et les travailleurs qui n’en seraient pas encore convaincus ont tout intérêt à aller voir ce film.

 

Jérôme Métellus (PCF)
Publié dans : Culture, cinéma, livres...
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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /Sep /2007 23:42
Perspectives et tâches des communistes

L
a victoire de la droite aux élections présidentielles et législatives est celle des ennemis les plus implacables des travailleurs, des jeunes et des retraités de France – y compris ceux qui ont voté pour elle.

Les leurres et les mensonges de la droite, massivement relayés par l’industrie audiovisuelle et la presse capitaliste, ont fini par payer. Le désespoir et la misère ont été exploités au profit de ceux qui en sont la cause. Les contre-réformes ont été présentées comme des réformes, le profit privé comme un bien commun, la réaction comme un progrès, les victimes de discrimination sociale et raciale comme des agresseurs et de la « racaille ». Sarkozy, qui incarne à la perfection l’arrogance, le mépris et l’esprit réactionnaire des capitalistes, a été présenté comme un révolté, un homme du peuple, le héraut de la « rupture » avec l’ordre établi. Il a été élevé au rang de vedette. On a eu Sarkozy sans cravate, en manches courtes, en jogging, en jean, en T-Shirt ; puis Sarkozy avec Johnny Hallyday et docteur Gyneco. On l’a même vu tenant la main de sa femme (revenue pour la circonstance), lui souriant tendrement – l’embrassant, même ! 


Ce pantomime écœurant prendra bientôt fin. La classe capitaliste n’a pas mis Sarkozy en selle pour jouer la comédie. Elle compte sur lui pour faire ce qu’elle reprochait à Chirac de ne pas faire – ou du moins pas assez. Aux yeux des requins capitalistes, l’offensive menée par Raffarin et de Villepin n’allait ni assez loin, ni assez vite. Tout ce qui tend à protéger les salariés, à atténuer leur exploitation, à freiner la cupidité patronale, doit être démantelé, balayé. Tout ce qui a été, à des degrés divers, soustrait à la loi du profit capitaliste – la santé, la sécurité sociale, l’éducation, les retraites – doit désormais y être soumis.
 

Sarkozy a beau se présenter comme le champion des opprimés et des « sans grade », dans la pratique, il mènera une politique dans l’intérêt exclusif de ceux qui possèdent les banques, les assurances, les grands groupes de l’industrie, des services et du commerce. Le capitalisme français est devenu complètement parasitaire. Non seulement il se dresse comme un infranchissable obstacle au progrès, mais il ne peut même plus s’accommoder des conquêtes sociales passées du mouvement ouvrier. Les capitalistes exigent la régression sociale permanente. Ils refoulent la société en arrière. Ils ont besoin d’un gouvernement qui défendra leurs intérêts avec acharnement, qui ne reculera devant rien. Telle est la mission de Sarkozy et de son gouvernement.

Instabilité sociale et politique

Les perspectives sociales, économiques et politiques qui se dessinent pour la France ne justifient aucunement le sentiment de démoralisation ou d’abattement que peuvent ressentir certains militants de gauche. La « popularité » de Sarkozy flanchera rapidement. Elle commence déjà à flancher, quelques semaines à peine après son élection, comme le montre l’opposition à la « franchise médicale » et à la soi-disant « TVA sociale » – une tentative flagrante de mettre une large part du fardeau fiscal sur le dos des ménages, tout en réduisant les impôts des riches. Très rapidement, l’édifice de subterfuges et de fausses promesses qui l’a hissé au pouvoir s’écroulera. Les millions de travailleurs et de jeunes qui lui sont déjà hostiles seront rejoints par des millions d’autres qui se sont laissés duper. Le fait que Sarkozy ait été obligé d’avancer masqué, caché sous le voile de « l’ouverture » et de la « réforme », est un élément de la fragilité de sa position.

Dans les sphères dirigeantes du PS et du PCF, on expliquait la défaite en disant que la société française « glissait vers la droite », que le comportement et la mentalité des travailleurs s’étaient « américanisés », qu’ils perdaient leurs « repères ». En un mot, si la gauche a perdu, c’est la faute de l’électorat ! Dans le prolongement de cette « théorie » bien commode, on annonce allègrement que la France entre dans une période de réaction plus ou moins longue, une « ère Thatcher ». Le résultat des législatives, qui montrent une progression de la gauche depuis 2002, devrait permettre d’atténuer l’impact de ce discours démoralisant. Quoi qu’il en soit, ce serait une grave erreur, à notre avis, de tirer de ces élections des conclusions hâtives sur les perspectives sociales et politiques pour la période à venir.

Une élection n’est jamais qu’une photographie – partielle et déformée – de la conscience des différentes strates de la population à un moment donné. Or, la conscience sociale est quelque chose d’extrêmement mobile, surtout dans une époque de déclin économique et social, comme aujourd’hui. La lutte des classes ne procède pas de façon linéaire. Après une phase de luttes, il y a souvent une phase de fatigue, d’indifférence. Mais compte tenu de la gravité de la crise sociale et économique, ces reculs ne peuvent être que temporaires. La dernière fois que la « théorie » du « glissement de la société vers la droite » était en vogue, dans les textes du PCF, c’était à l’époque des victoires électorales de Balladur et de Chirac, en 1993 et 1995. Or, quelques mois après la victoire de Chirac, nous avons vécu le plus grand mouvement de grève depuis les événements révolutionnaires de 1968. Dans l’histoire récente de la France, chaque fois que le pendule politique est allé vers la droite, il est revenu vers la gauche en l’espace de quelques mois, et parfois avec une vigueur redoublée. Il en sera de même cette fois-ci. L’instabilité sociale et politique, marquée par de brusques changements dans l’humeur des jeunes et des travailleurs, est précisément l’un des symptômes de l’impasse dans laquelle se trouve la société.

Si les élections avaient eu lieu au lendemain de la lutte contre le CPE, la droite aurait sans doute été battue à plate couture. Mais depuis, la droite a pu reprendre l’initiative, et reconquérir une fraction significative de l’électorat qu’elle avait perdu. La manipulation de l’opinion publique par les médias capitalistes y est pour quelque chose. Mais l’explication fondamentale du redressement de la droite réside dans la totale faillite politique des dirigeants du Parti Socialiste. La droite a remporté des élections qu’elle devait perdre. Jamais, dans toute l’histoire du mouvement socialiste, le programme du PS n’avait été aussi vide, aussi conservateur, aussi proche de celui de la droite. Ségolène Royal a souligné avec insistance ses points d’accord avec l’UDF – dont le programme était, à son tour, identique à celui de l’UMP sur toutes les questions essentielles. Elle refusait de qualifier Sarkozy comme un adversaire. Elle en parlait comme « un partenaire qui, comme moi, fait des propositions dans l’intérêt de la France ». Les Kouchner, Besson et Bockel ont accepté des postes au gouvernement Fillon. Bien d’autres « socialistes » bourgeois, sortis du même moule politique, feraient de même si on le leur proposait. De réformistes, ils sont devenus des « réformistes sans réformes », pour finir comme de simples réactionnaires. En vérité, des gens comme Kouchner, Attali ou Védrine n’ont jamais été socialistes. Pour eux, le PS n’a jamais été autre chose qu’un instrument au service de leur propres carrières, une passerelle vers plus de richesses, plus de prestige et de pouvoir. C’est parce que le PS est encore dominé par de tels éléments que la droite a gagné les élections.

Ce ne sont pas les travailleurs qui ont « glissé vers la droite », mais les instances dirigeantes du Parti Socialiste – ainsi, malheureusement, que du PCF, avec un train de retard, mais avec des conséquences tout aussi graves. Les travailleurs n’évoluent pas « vers la droite », et nous ne sommes pas à la veille d’une longue période de réaction. Simplement, les difficultés qui écrasent des millions d’entre eux – chômage ou la menace du chômage, précarité, pauvreté, problèmes de logement, de santé, de discrimination raciale – sont trop graves, trop pressants, trop écrasants pour attendre. Si la gauche n’a rien de crédible à proposer, si la gauche ne leur offre aucune issue, ils peuvent tomber dans le panneau de démagogues comme Sarkozy ou Le Pen.

Mais le pendule reviendra vers la gauche, malgré tout. Le résultat des élections législatives en est déjà une première indication. D’ailleurs, il ne s’agit pas uniquement – ni même principalement – du pendule électoral. L’opposition viendra de la rue, des quartiers, des salariés dans les entreprises et les services publics. Elle viendra aussi des étudiants et des lycéens. Les horizons radieux dessinés par l’illusionniste Sarkozy et ses alliés médiatiques – où le mérite et l’effort de tous seront reconnus et récompensés, où les « patrons voyous » seront sanctionnés et où la pauvreté et les inégalités s’effaceront sous les effets d’une croissance économique retrouvée – ne seront jamais atteints. Le résultat d’une élection n’efface pas la sombre réalité d’un système en déclin. Sarkozy s’est assis sur un fauteuil sous lequel s’accumule une charge de plus en plus puissante de matériel social explosif.

N’oublions pas que Raffarin et de Villepin ont commencé, eux aussi, pleins de cette détermination arrogante qui caractérise le gouvernement actuel. S’ils ont déçu les capitalistes, c’est parce qu’ils ont compris qu’à force de vouloir « aller vite », ils risquaient de plonger le pays dans une situation pré-révolutionnaire. Le cours des événements, à l’époque de la tentative d’imposer le CPE, ressemblait beaucoup à celui qui a précédé la grève générale de 1968, à une différence près : la mobilisation de la jeunesse, en 2006, était encore plus massive, plus générale et mieux organisée que celle des étudiants de 1968. Si Chirac et de Villepin n’avaient pas fait marche arrière, ils auraient perdu tout contrôle de la situation. Ce n’est pas par hasard si Bayrou parlait, à l’époque, d’une « ambiance d’effondrement » au sommet de l’Etat.

De ce point de vue, le côté provocateur et agressif de Sarkozy inquiète les capitalistes eux-mêmes. Et voilà le dilemme des capitalistes. Ils veulent rétablir « l’équilibre » sur le plan économique, c’est-à-dire éliminer les obstacles (les conquêtes sociales) au bon fonctionnement de leur système. Mais, ce faisant, ils risquent de détruire « l’équilibre » social et politique dont dépend la survie du capitalisme. Ce qui garantie cet équilibre n’est ni la loi, ni les sacro-saintes « institutions » ou « valeurs » républicaines, mais l’inertie, l’inaction, la passivité de la masse de la population. Or, une politique de contre-réformes de l’ampleur et de la férocité de celle qu’exige le capitalisme français ne peut être mise en application sans ébranler l’organisme social jusque dans ses profondeurs, sans réveiller la masse jusqu’alors inerte de la population. Et c’est précisément ce réveil qui constitue l’essence d’une révolution.

Dans la gauche française, y compris dans les sections du PCF et du MJCF, on entend souvent des militants affirmer qu’ils ne croient pas au « grand soir ». Autrement dit, ils ne croient pas en la perspective, en la possibilité d’une révolution. En ce faisant, ils reprennent à leur compte une idée fortement enracinée dans les échelons supérieurs du parti. Pour les réformistes qui « dirigent » le PCF (de recul en recul), il n’y aura jamais de révolution socialiste, et ce n’est à leur avis même pas souhaitable. Pour eux, le capitalisme va pouvoir exister paisiblement ad infinitum, et le mieux qu’on puisse espérer est d’en limiter les conséquences négatives par des petites mesures « anti-libérales ». Pour la ridiculiser, la tourner en dérision, on présente la perspective d’une révolution comme celle d’un « grand soir », où les masses se soulèveraient soudainement et comme par enchantement, pour renverser l’ordre capitaliste.

Une révolution se caractérise par l’intervention de la masse de la population dans l’arène politique. Elle est marquée, d’une part, par des périodes de flux et de reflux, au cours desquelles la classe révolutionnaire apprend la nécessité d’en finir avec le capitalisme – et, d’autre part, par des moments décisifs. Mais une révolution n’est jamais l’affaire d’ « un soir ». La révolution russe, par exemple, comme la révolution française de 1789-1794 et comme toutes les révolutions, était un processus, qui s’est étalé de 1905 aux années 1920.

Or, ce type de processus révolutionnaire, comme celui actuellement en cours au Venezuela, en Bolivie, et ailleurs en Amérique latine – est-il une perspective à exclure, à ridiculiser même, en France ? Nous ne le croyons pas. Nous disons – nous, les marxistes du PCF, autour de La Riposte – que non seulement cette perspective n’est pas à exclure, mais que compte tenu de l’impasse dans laquelle se trouve le capitalisme, de l’impossibilité de trouver, sur la base du capitalisme, une solution aux problèmes tels que le chômage, la pauvreté et la régression sociale, cette perspective est même inévitable, à un certain stade. Les événements, en Amérique latine, montrent à l’Europe son propre avenir. Les mêmes causes produiront, à terme, les mêmes effets. Et ce processus, une fois sérieusement engagé en France, offrira au salariat et à la jeunesse la possibilité concrète d’en finir avec le capitalisme. C’est sur cette perspective que se base le travail de La Riposte et c’est sur elle que devrait se baser le travail du PCF tout entier, s’il veut accomplir la tâche historique qui doit être la sienne dans un tel contexte.

Le marasme économique

Le capitalisme français peut-il éviter la confrontation des classes ? Non, pas indéfiniment. La position du capitalisme français dans le monde ne cesse de se dégrader. L’unification de l’Allemagne s’est traduite par une nette diminution du poids spécifique du capitalisme français dans l’Union Européenne. Elle a été devancée par le Royaume-Uni dans le palmarès des grandes puissances européennes. Dans le reste du monde, ses parts de marché se réduisent partout, y compris dans ses anciennes « chasses gardées » africaines. En recul depuis longtemps face aux Etats-Unis et à l’Allemagne, le capitalisme français perd également du terrain face à la Chine, et ce sur tous les continents. La balance du commerce extérieur de la France a connu une dégradation spectaculaire. Alors que le solde était de +14,7 milliards d’euros en 2001 (en volume et en milliards d’euros, sur la base des prix de l’an 2000), il était successivement de +13,9 milliards en 2002, de +4,1 en 2003, de -7,2 en 2004 et de -20,8 en 2005. En dehors des ventes de matériel de transport, dont notamment l’Aéronautique, la France enregistre une baisse des exportations de pratiquement tous les types de marchandises.

Encore faut-il rappeler – et c’est loin d’être un détail – que cette stagnation et ce déclin économique caractérisent le capitalisme français alors que celui-ci n’a pas encore subi le choc colossal de l’inévitable ralentissement des économies de la Chine et des Etats-Unis ! Lorsque la crise de surproduction en gestation dans ces deux superpuissances se produira, le marasme économique actuel prendra, en comparaison, l’allure d’une véritable « belle époque » !

Mais l’expression la plus éloquente des véritables perspectives du capitalisme français se trouve peut-être dans le niveau des investissements. Toutes catégories confondues, l’évolution de l’investissement était négative en 2002 (-1,8%), et oscille depuis aux alentours de 3%. Plus grave encore, l’investissement industriel – d’une importance décisive pour l’ensemble de l’économie – n’a augmenté que de 1% en 2001, avant de stagner ou de baisser entre 2002 et 2006 (voir le tableau de l’INSEE ci-dessous). Au-delà des discours destinés au grand public sur la viabilité et l’efficacité du capitalisme, ces chiffres sont une preuve sans appel du peu de confiance qu’ont les capitalistes eux-mêmes dans l’avenir de leur système !

Il est vrai que les capitalistes réalisent des profits d’un niveau sans précédents. Mais cela ne fait qu’illustrer, justement, le caractère parasitaire du capitalisme. Car la croissance exponentielle des bénéfices des capitalistes français n’est pas la conséquence de la conquête de nouveaux marchés, mais plutôt de la réduction systématique des coûts par la sous-traitance (y compris à l’étranger), les délocalisations, la baisse des prix des matières premières, le recours au travail précaire, à des contrats aidés, l’externalisation des emplois, la baisse de la masse salariale et tout ce qui concourt au renforcement du taux d’exploitation des salariés – c’est-à-dire à l’augmentation de la part des richesses créées par le travail que conserve le capitaliste. Les profits augmentent sans développement significatif de l’économie nationale, et surtout au détriment des conditions de travail et du niveau de vie de la masse de la population.

Sarkozy veut que les travailleurs se réjouissent de l’idée que le taux de croissance pourrait augmenter, et nous promet un taux de croissance de 4% du PIB. Le gouvernement veut faire croire que la croissance du PIB entraînerait mécaniquement une croissance de l’emploi et du niveau de vie en général. Mais y a-t-il vraiment de quoi s’enthousiasmer, même dans l’hypothèse – au demeurant improbable – que cet objectif soit réellement atteint ? Au cours des 15 dernières années, le taux de croissance du PIB français a oscillé entre -1% et +4,1%. Depuis 2001, il n’a jamais dépassé 2,3%. Mais quelles que soient les variations du taux de croissance d’une année sur l’autre, le fait est que sur l’ensemble de cette période, il n’y pas eu un seul domaine – que ce soit celui de l’emploi, des conditions du travail, de la santé, de l’éducation, du logement ou des retraites – où on peut parler de progrès social. Bien au contraire, sur l’ensemble de cette période, les inégalités sociales se sont aggravées, la précarité de l’emploi s’est généralisée et les différentes manifestations de la « grande misère » sont devenues de plus en plus visibles, palpables.

Le déclin du capitalisme français signifie que la richesse et le pouvoir des capitalistes ne peuvent être maintenus qu’en effectuant, par tous les moyens possibles, une réduction de la part des richesses qui revient aux travailleurs et à leur famille, que ce soit sous la forme de salaires, d’allocations, de retraites, ou par le biais des dépenses de l’Etat sur la santé et l’éducation. Ceci serait tout aussi vrai sous un gouvernement de gauche – aussi « anti-libéral » fût-il dans ses intentions – que sous la droite. Dans la mesure où ses dirigeants ont renoncé à remettre en cause le capitalisme, si le Parti Socialiste avait remporté les élections, il n’aurait eu d’autre choix que de mettre sa politique économique et sociale en conformité avec les lois de ce système. Quant au PCF, son programme actuel est sous-tendu par une idée parfaitement insensée, selon laquelle il serait possible de maintenir le capitalisme tout en le faisant fonctionner suivant une « logique anti-capitaliste ». Pour maintenir et augmenter les profits des capitalistes, le travailleur est mis en concurrence, non seulement avec les autres travailleurs de France, non seulement avec les travailleurs d’Europe centrale, mais aussi – et d’une façon de plus en plus brutale et flagrante – avec la main d’œuvre de la Chine, de la Thaïlande, du Pakistan ou de l’Inde, avec la menace du chômage à la clé. Voilà ce que sont les véritables perspectives pour les travailleurs, sous le capitalisme, et ce indépendamment du taux de croissance. Et voilà ce qui est de notre devoir d’expliquer aux travailleurs et à la jeunesse, non seulement afin de contrecarrer la propagande trompeuse et mensongère de la droite et des médias, mais aussi pour leur faire comprendre l’impuissance du réformisme à notre époque, pour leur faire prendre conscience de la nécessité impérieuse de mettre fin à la domination de la classe capitaliste, de la nécessité du socialisme.

Le réformisme « anti-libéral »

Ceci nous amène à la question de l’avenir du PCF et de la gauche en général. Selon la presse capitaliste et les grands médias, le PCF n’aurait pas du tout d’avenir. Le parti y est présenté comme un anachronisme, une survivance désuète et inutile du passé. Que les apologues du capitalisme parlent du PCF en ces termes ne devrait surprendre personne. Cela n’a rien de scandaleux. Les défenseurs du capitalisme ne présenteront jamais le communisme ou le Parti Communiste sous un jour favorable. Ce qui est véritablement scandaleux, par contre, c’est que ce même discours soit repris et répandu par d’éminents représentants du parti lui-même, comme Jean-Claude Gayssot, connu pour les privatisations qu’il a pilotées pour le compte du gouvernement Jospin. Dans Le Parisien du 11 mai 2007, Gayssot déclare qu’il est temps « de dépasser la référence stricte au Parti Communiste » et demande « à quoi [il] servirait de prolonger des références qui n’ont plus d’avenir ». Patrick Braouezec, Pierre Zarka et leurs amis sont sur la même longueur d’onde.

Pour La Riposte, qui représente, de facto, la tendance marxiste dans le PCF, cette appréciation des perspectives du PCF est complètement fausse. Ou plus exactement, nous refusons catégoriquement l’idée selon laquelle il y aurait quelque chose d’inéluctable – c’est-à-dire d’inscrit dans les conditions objectives de notre époque – dans les reculs enregistrés par le parti au cours de la dernière période. Bien au contraire, compte tenu des perspectives réelles du capitalisme, de l’impossibilité d’empêcher la régression sociale dans le cadre de ce système, et compte tenu de l’ampleur des mobilisations des travailleurs et des jeunes qui nous attendent dans les années à venir, les conditions objectives qui existent en France sont favorables au PCF. Le virage vers le coalitionnisme voulu par la direction du PS – s’il n’est pas bloqué par la base socialiste – devrait ouvrir un espace de développement encore plus important pour le parti.

Mais entre un développement potentiel et un développement réel, il n’y a rien d’automatique. Encore faut-il que le programme et la stratégie du parti tiennent pleinement compte de l’impasse du capitalisme – et donc du réformisme – et propose un programme révolutionnaire pour mettre fin à la propriété capitaliste des grands moyens de production. L’affaiblissement du PCF n’est pas la conséquence de conditions objectives défavorables, mais celle de son évolution politique interne.

Contrairement à ce que prétendent des liquidateurs tels que Gayssot, Hue et Braouezec, le problème n’est pas le communisme ou le marxisme, qui selon eux n’auraient plus d’avenir. Au contraire, le problème est précisément l’abandon du communisme par les dirigeants du parti. Le comportement servile des dirigeants du PCF au gouvernement (en 1981-1984 et en 1997-2002) a convaincu l’électorat communiste – ainsi que la majorité de la couche la plus militante et combative du salariat, qui formait le socle de sa base sociale traditionnelle – que malgré le ton plus radical de son discours, le PCF ne représente pas, dans la pratique, une alternative sérieuse au réformisme du Parti Socialiste. A leurs yeux, un PCF qui a cautionné des privatisations, et bien d’autres mesures totalement incompatibles avec les intérêts des travailleurs, ne sert à rien.

Progressivement vidé de tout ce qui ressemblait de près ou de loin aux idées du socialisme révolutionnaire, le programme du PCF est devenu de plus en plus ouvertement réformiste, de plus en plus proche, sur les questions essentielles, de celui du Parti Socialiste, précisément à une époque où, au gouvernement comme dans l’opposition, le réformisme « socialiste » a démontré sa faillite. La lutte pour en finir avec le capitalisme a été remplacée par le langage confus et insipide du réformisme « anti-libéral ». Les textes du parti sont parsemés de notions abstraites et farfelues puisées dans le charabia petit-bourgeois et « altermondialiste » de groupements comme ATTAC ou la Fondation Copernic. La réalisation du socialisme a été remplacée par l’illusion d’une possible économie capitaliste « équitable », la lutte contre l’impérialisme par le « dialogue Nord-Sud », la nationalisation des banques et des entreprises par une véritable usine à gaz de propositions « régulatrices ». Le programme du parti offre des « bonus » et des crédits moins chers aux capitalistes qui se comportent bien, et menace les capitalistes « irresponsables » d’amendes et de taxes punitives.

Chaque pas dans la direction de ce réformisme timide a été naturellement applaudi et encouragé par les rédactions de la presse « bien pensante », ainsi que par les incorrigibles petits bourgeois et autres « bovistes » surexcités qui grouillaient dans les « collectifs anti-libéraux ». « Enfin, le PCF se débarrasse de ses dogmes ! », disent-ils. « Mais encore un effort ! ». Cependant, auprès des travailleurs, des militants syndicaux dans les entreprises, et auprès de la masse des victimes du capitalisme, c’est-à-dire auprès des gens qui nous intéressent, il est pratiquement impossible de défendre ce programme. Ce n’est tout simplement pas crédible. Et c’est pour cette raison que les militants qui se sentent capables de l’assumer sont de moins en moins nombreux.

A une époque où, dans toutes les entreprises, la moindre baisse de rentabilité fait planer sur les travailleurs la menace d’une réduction des effectifs, d’une délocalisation ou de la fermeture pure et simple de l’établissement, le réformisme « anti-libéral » propose d’imposer aux employeurs toutes sortes de restrictions, d’obligations et de pénalités plus ou moins coûteuses, mais n’ose pas poser la question de la propriété de l’entreprise. Car voyez-vous, la nationalisation, l’expropriation des capitalistes, la gestion démocratique de l’économie par les travailleurs eux-mêmes, en un mot tout ce qui constitue un programme véritablement communiste et révolutionnaire, ce ne sont pas là des « idées modernes » ! En conséquence, les travailleurs – y compris les sympathisants du PCF – finissent par hausser les épaules, en se disant : « C’est gentil d’avoir pensé à nous. Mais si on appliquait ne serait-ce que le quart de ces mesures, ici, le patron mettrait la clé sous la porte dès le lendemain ! ». Si le capitalisme est le seul système possible, se disent de nombreux travailleurs – et qui dira le contraire, puisque même le Parti « Communiste » ne remet plus en question la propriété capitaliste ? – alors il va falloir faire avec, être réaliste, ne pas demander trop, baisser la tête et espérer au moins conserver son emploi le plus longtemps possible. Dénoncer les patrons, proposer des mesurettes destinées à nuire à leurs intérêts, à réduire leurs profits, à leur imposer des restrictions de toutes sortes, mais laisser leur pouvoir intact – le pouvoir de la propriété –, c’est un programme qui finirait par se retourner contre les salariés eux-mêmes.

Cela ne signifie pas, bien évidemment, que le mouvement communiste ne doit pas présenter un programme de revendications « immédiates » dans les domaines économique et social. Bien au contraire : le PCF se doit d’être en première ligne de tous les combats pour l’extension des droits, la défense des acquis et l’amélioration des conditions de vie des salariés, de la jeunesse, des chômeurs et des retraités. Il ne s’agit pas de rester les bras croisés, en se limitant à l’affirmation de la nécessité du socialisme. Par contre, il faut affirmer et expliquer cette nécessité, en la mettant en rapport avec les luttes plus « immédiates », plus « concrètes ». Par la propagation du programme et des idées du socialisme révolutionnaire, le PCF et le MJCF contribueraient grandement à l’éducation politique des travailleurs et des jeunes, leur donnerait un programme, un projet de société, un but, une alternative claire au capitalisme.

Quelle est donc l’approche générale qu’il faut adopter envers les travailleurs, afin d’élever leur niveau de conscience politique et de les aider à se libérer de leurs illusions réformistes ? Il faut leur dire, en substance, qu’ils peuvent compter sur nous, les communistes, pour les appuyer, pour lutter coude à coude avec eux sur tous les fronts : défense de l’emploi, pouvoir d’achat, droit au travail, droits politiques, conditions de logement, éducation, santé, la lutte contre le racisme, etc. Il faut leur dire qu’au niveau national, les communistes s’efforceront de présenter une plateforme revendicative qui donne une expression générale à leur objectifs et aspirations dans ces différents domaines : réduction de la semaine du travail, indexation des salaires sur le coût de la vie, gel des loyers, construction de logements sociaux, droit de vote des étrangers – entre autres. Mais en même temps, il faut faire clairement comprendre au plus grand nombre possible des travailleurs et des jeunes qu’il s’avèrera impossible de défendre leur niveau de vie, quel que soient le nombre et l’ampleur des luttes qu’ils peuvent mener, tant que le pouvoir économique reste entre les mains des capitalistes. Tant que ce pouvoir existe, ce que les travailleurs gagnent aujourd’hui sera perdu demain, et les attaques qui sont repoussées aujourd’hui se reproduiront demain. C’est pourquoi les communistes doivent compléter leur programme par la revendication de la nationalisation de toutes les banques, des compagnies d’assurance et de crédit, ainsi que de tous les grands groupes du secteur industriel, du commerce, des services et des communications, qui doivent être arrachés des mains des capitalistes et placés directement sous le contrôle et la direction des travailleurs eux-mêmes, à tous les niveaux.

Bien évidemment, ce programme ne sera pas immédiatement compris et accepté par tous les travailleurs et toute la jeunesse. Mais s’il est correctement expliqué, faits et chiffres à la clé, et en s’appuyant sur l’expérience collective et pratique des travailleurs eux-mêmes – qui savent bien, justement, que leurs acquis sont constamment menacés –, ce programme obtiendrait l’adhésion d’une fraction importante de la couche la plus consciente, la plus avancée et militante de notre classe. Auprès de ceux qui le trouveraient dans un premier temps trop radical, trop extrême, les communistes auront au moins planté un drapeau, un point de référence, un programme. Et au fur et à mesure que les explications et les perspectives des communistes seraient confirmées par le cours des événements, les travailleurs seraient de plus en plus nombreux à le soutenir, surtout dans des conditions de luttes massives comme celles qui ont eu lieu contre les retraites et contre le CPE. C’est ainsi que le PCF pourrait commencer à sérieusement renforcer sa base de soutien chez les jeunes et chez les travailleurs les plus conscients et combatifs – et, à travers eux, à reprendre plus profondément racine dans le mouvement ouvrier, dans les quartiers et dans les entreprises.

Le PCF peut remonter la pente ; il doit remonter la pente. La situation actuelle lui offre d’énormes possibilités, à condition de tourner le dos aux idées décousues du réformisme « anti-libéral » et de l’« économie équitable », qui ne peuvent que semer davantage de confusion, et de se réarmer politiquement sur la base des idées du marxisme et du programme du socialisme révolutionnaire.

C’est dans ce sens que La Riposte veut pousser le parti. Elle travaille à défendre les idées du marxisme dans le parti et dans la jeunesse. Les idées de La Riposte répondent aux attentes et aux aspirations de nombreux communistes, dans le MJCF comme dans le parti. Pour poursuivre sa tâche, elle a besoin de leur aide, de leur soutien actif, de leur participation. Il y va de l’avenir du parti. Car si le PCF, comme le souhaitent manifestement certains, se laissait entraîner vers une politique qui s’accommode encore plus du système capitaliste, il ne serait jamais autre chose que la cinquième roue de la social-démocratie, et perdrait encore du terrain.

Et au-delà de l’avenir du parti, c’est celui des travailleurs et des jeunes qui est en jeu. Le Parti Communiste doit redevenir un parti révolutionnaire, dans son programme, dans son action, dans son tempérament. Le capitalisme n’offre plus que la régression, le déclin, la crise permanente, la destruction des conquêtes sociales. Aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente. Le socialisme n’est donc pas une utopie, mais une nécessité. La tâche des communistes est de se mettre en phase avec cette nécessité et de lui donner une expression concrète dans leur programme, dans leur théorie et dans la pratique.


Greg Oxley, PCF Paris

Premiers signataires : Yvan Coppin (Section PCF de Le Portel, membre du CD du PCF 62.), Julien Defontaine (Section PCF de Lille.), Xavier Dubois (Section PCF d’Hellemmes, membre du CD du PCF 59.), Ulrich Savary (Section PCF de Marcq en Baroeul), Benjamin Vandekerckhove (Section PCF de Pont à Marcq), Quentin Le Matt (Section PCF de Seclin)
Publié dans : PCF
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 09:31
 
 

La Riposte à la Fête de l’Humanité

La Fête de l’Humanité, du 14 au 16 septembre, est l’événement politique majeur de la rentrée. Après le victoire de la droite aux élections, ce sera l’occasion, pour le mouvement communiste, de débattre de ses perspectives et de son programme.

Pour la 8ème année consécutive, La Riposte y participera pleinement. Sur notre stand principal, avenue de l’Antiracisme, vous trouverez l’ensemble de notre littérature (journaux, brochures, livres, etc.), ainsi que nos irrésistibles T.Shirts et badges révolutionnaires, le tout arrosé de thé à la menthe et de gâteaux orientaux.

Nous tiendrons également un stand dans le Village du Livre, où l’attraction de l’année sera sans doute la publication, par nos soins, de La Maladie infantile du communisme : le « gauchisme » (Lénine). De toutes nouvelles brochures seront également disponibles, dont une nouvelle version de La Révolution russe de 1917, une brochure sur la Lutte des classes et l’émancipation des femmes, ainsi que deux brochures sur le PCF.

Réunion publique sur le Venezuela

Cette année encore, nous profiterons de la fête pour faire connaître notre travail de solidarité avec la révolution vénézuélienne. Nous tiendrons d’ailleurs une table de notre campagne Pas touche au Venezuela ! dans le grand stand de l’Ambassade du Venezuela.

Le samedi, à 15 h 30, dans le stand de la fédération PCF de la Haute-Garonne, nous co-animerons une réunion publique sur la révolution vénézuélienne. Les orateurs seront : Obey Ament, membre de la direction du PCF, Maurice Lemoine, du Monde Diplomatique, Iris Garcia, de l’Ambassade du Venezuela, et Greg Oxley, de La Riposte.

Pour connaître le programme de la fête ou acheter la vignette en ligne, cliquez ICI.

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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 22:36


Le « miracle chinois » : exploitation sauvage et inégalités croissantes



La légalisation de la propriété privée par 2799 des 3000 députés de l’Assemblée Nationale Populaire, en mars dernier, n’est rien de plus qu’une expression juridique de la culmination du processus de restauration du capitalisme, en Chine. Comme Marx l’écrivait en 1875, le droit d’une société ne peut jamais être plus avancé que sa structure économique et son développement culturel correspondant. Trois décennies après que Deng Xiaoping a lancé les premières réformes pro-capitalistes, le monopole du commerce extérieur et la prédominance du secteur nationalisé ont été abolis. Les bases de la planification ont été détruites. Les entreprises décisives de l’économie chinoise organisent leur production suivant les lois de la concurrence, sur un marché régulé par l’offre et la demande. Désormais, selon la Fédération des Industries et du Commerce Chinois, 65% du PIB relève du secteur privé.


Malgré cela, les dirigeants du PC Chinois continuent de se réclamer du socialisme – tout en légitimant la propriété privée des moyens de production, et tout en invitant les capitalistes à rejoindre le parti. Il y a même des « théoriciens », en dehors de la Chine, qui se veulent « anti-capitalistes » (et même « socialistes »), et qui approuvent une telle aberration.


Il est indispensable que les militants communistes comprennent ce qui se passe en Chine, et qu’ils en tirent les leçons politiques. La « voie chinoise » ne mène pas au socialisme. Au contraire, il s’agit d’un avertissement très sérieux, notamment pour la révolution cubaine. A l’intérieur comme à l’extérieur de Cuba, des voix s’élèvent pour vanter l’ouverture au capital, et citent les « succès » du régime chinois en la matière. En fait de « succès », les conditions de vie, en Chine, montrent que la restauration du capitalisme s’accompagne d’un développement monstrueux des inégalités sociales. Une petite minorité de la population accumule des fortunes indécentes, cependant que la grande majorité souffre de la misère. Les inégalités se développent également entre la ville et la campagne et entre différentes régions du pays. Tel est le trait dominant de la prétendue « voie chinoise ».


D’après les chiffres de la Banque Mondiale, le différentiel de revenus, entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres, est passé de 6,5 en 1990 à 10,6 en 2001, ce qui fait de la Chine le pays le plus inégalitaire de toute l’Asie. Depuis 2001, ce processus s’est clairement poursuivi. Par ailleurs, entre 1990 et 2001, la part des richesses nationales détenue par les 10% les plus riches est passée de 24,6 à 33,1%. La Chine est désormais le plus grand marché au monde pour les produits de luxe, cependant que 170 millions de Chinois vivent avec moins d’un dollar par jour.


Vivre dans la campagne est quasiment synonyme de pauvreté. Les revenus des 900 millions de Chinois qui vivent dans les zones rurales – soit quelques 60% de la population – sont trois fois moins importants que ceux des zones urbaines. Cela ne signifie pas pour autant que la masse de la population des villes jouit d’une bonne situation. Certes, une petite-bourgeoisie se développe dans les villes – et c’est la base sociale de la contre-révolution –, mais la grande majorité des travailleurs vivent dans des conditions extrêmement dures.


Dans les villes, la privatisation des entreprises publiques s’est traduite par une destruction d’emplois massive. Entre 1995 et 1999, 15 millions d’emplois du secteur public ont disparu. Pour les années à venir, de nombreux économistes annoncent quelques 100 millions d’empois en moins dans ce qui reste des industries nationalisées. Dans le même temps, des millions de travailleurs ont été embauchés dans des milliers d’entreprises privées, où ils subissent des conditions d’exploitation extrêmes. La journée de 12 heures est courante dans l’industrie des jouets et du textile, où les salaires sont misérables et les droits syndicaux inexistants. Nombre de travailleurs vivent sur leurs lieux de travail, où ils sont obligés de payer leur logement et leur nourriture à leur employeur.


Au cause du démantèlement de la santé publique – qui figurait parmi les acquis les plus importants de la révolution de 1949 – le fait d’aller chez un docteur ou à l’hôpital est désormais un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Différents journaux chinois ont rendu public le fait qu’à peine 25% de la population urbaine et 10% de la population rurale jouissent d’une assurance maladie, ce qui place la Chine en quatrième position des pays les plus inégalitaires au monde en matière d’accès à la santé (derrière le Brésil, la Birmanie et le Sierra Leone).


En ce qui concerne le niveau de l’éducation, dont la privatisation s’est effectuée à grande vitesse, il suffit de dire qu’en 2004 le gouvernement a dû lancer une campagne pour rendre obligatoire la scolarisation jusqu’à l’âge de 9 ans et pour éradiquer l’illettrisme dans la jeunesse.


La qualité de l’air et de l’eau s’est considérablement dégradée. La contamination des rivières et des lacs est si grave, en particulier dans le nord du pays, qu’au moins 60 millions de personnes ont du mal à se procurer des quantités suffisantes d’eau potable. La Chine a également le triste privilège de compter 16 des 20 villes les plus polluées au monde.


Les conditions de vie de la classe ouvrière chinoise rappellent celle des travailleurs britanniques que décrivait Engels, au XIXe siècle. 80% de tous les accidents miniers mortels, dans le monde, ont lieu en Chine. En 1991, 80 000 travailleurs sont morts dans des accidents du travail. En 2003, le chiffre dépassait les 440 000. Chez les Chinois de 20 à 35 ans, le suicide est la première cause de mortalité. Chaque année, il y a 250 000 suicides et 2,5 à 3,5 millions de tentatives de suicide.


Au final, la Chine n’est pas une société heureuse et stable, mais l’arène d’un capitalisme sauvage qui exploite les masses exactement de la même façon qu’avant la révolution de 1949, lorsque le pays était sous le contrôle de plusieurs puissances coloniales.


Tel est le tragique bilan de la restauration de la propriété privée des moyens de production. Certes, les réformes ont permis au PIB de croître de 9% par an au cours des deux dernières décennies. Les capitalistes américains et européens ont réalisé d’énormes profits en investissant massivement en Chine. Mais si la Chine est devenue un paradis pour capitalistes, elle est en même temps un enfer pour la masse des exploités.


Ce long processus de restauration capitaliste a été fermement mené par la bureaucratie stalinienne et les dirigeants du soit-disant Parti Communiste Chinois, lesquels ne se sont pas contentés d’être les principaux agents de cette contre-révolution : ils se sont eux-mêmes, en grande partie, transformés en propriétaires capitalistes. Il ne faut pas s’étonner, dans ces conditions, qu’ils demandent à la loi de reconnaître et de protéger leurs droits de capitalistes !


La Chine est entrée dans une période convulsive de son histoire. La paysannerie et la classe ouvrière chinoises ont des traditions révolutionnaires exceptionnelles. Par la passé, elles ont écrit parmi les plus belles pages de l’histoire de la lutte des classes. En 1949, le capitalisme chinois n’a pu résister à la vague de la révolution. Et tôt ou tard, une nouvelle vague révolutionnaire balayera la Chine et le monstrueux capitalisme auquel la bureaucratie stalinienne a ouvert la voie.

 

La Riposte

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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 19:30

 

 



  Mardi 31 Juillet. Journée d’action contre les atteintes au droit de grève.

 

 

 

Le soutien du Parti Communiste Français et de ses élus.

Les sept fédérations de cheminots, de nombreux autres syndicats ont appelé au rassemblement et à l’action mardi 31 juillet pour protester contre l’instauration du service minimum dans les transports. Les communistes du Nord et leurs élus apportent leur soutien à cette journée d’action. Ils seront présents et appellent à participer aux différents rassemblements prévus dans le département.

Avec son projet de loi sur le service minimum dans les transports publics, le gouvernement et la majorité de droite s’en prennent à un droit individuel historique, inscrit dans la Constitution Française, celui de défendre ses droits et ses intérêts par la grève.

Le texte actuellement débattu au Parlement contient des dispositions très précises : obligation faite au salarié de se déclarer gréviste 48 heures avant, référendum obligatoire après huit jours de grève, qui ne visent qu’à faire pression sur les salariés afin de réduire l’exercice de cette liberté fondamentale. C’est un parti pris idéologique très clair.


Droite et patronat veulent aujourd’hui régler un vieux compte avec le monde du travail.

La défense des usagers des transports publics n’est qu’un faux prétexte, un alibi.



La restriction du droit de grève dans les transports publics est en réalité un Cheval de Troie destiné à s’introduire dans tous les secteurs d’activités. Les débats menés au Sénat ont été très clairs à ce propos.



L’Education Nationale est la prochaine cible alors que la suppression de 17 000 nouveaux postes d’enseignants va provoquer des difficultés accrues pour nombre d’élèves et détériorer encore plus les conditions de travail des personnels. C’est d’ailleurs cette réalité qui amène enseignants et parents d’élèves à se mobiliser et éventuellement à faire grève, en faveur d’une école de la réussite pour tous au cœur de notre République.


Cette loi n’a qu’un objectif : empêcher les salariés de se défendre pour mieux faire passer une politique de ‘service minimum’ pour le social, le service public, de la santé, des transports, de l’énergie, de l’éducation.

C’est un recul historique très grave.


Le Parti communiste français sera présent mardi au côté des cheminots et des autres salariés pour s’y opposer.


Lille le 25 juillet 2007

          RENDEZ VOUS LE 31 Juillet à un rassemblement 
                  devant la Préfecture du Nord à Lille. 

                      Place de la République 
                                 à 11 H 30
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /Juil /2007 13:13

 

RESISTANCE !

 

 

 

On jette le savoir aux oubliettes, on dit adieu à tous nos idéaux pour les laisser aux mains d'une caste dominante, une minorité de personnes ayant en leur possession les grands secteurs de l'économie : la classe capitaliste.

 

Différentes réformes illustrent « la casse du service public d‘éducation » .

La loi Fillon de 2005 avait comme but « le socle commun de connaissance ». Une bonne idée en apparence , mais en apparence seulement. Ce projet n'avait pas pour ambition de donner un haut niveau de connaissance, mais avait pour seul objectif d'apprendre les bases de l'enseignement aux élèves : lire, écrire, compter, … les compétences minimales réservées aux enfants des classes populaires.

 

 

 

L'école voulue par les gouvernements UMP n'est qu'une école à deux vitesses : une pour les pauvres, une autre pour les riches.

.

 

Les futures réformes touchant l'éducation supérieure vont dans ce sens. Ainsi les filières rentables seront financées par l'Etat ou même par le secteur privé et bénéficieront d'abondants crédits. A l'inverse, des filières comme « Langues Anciennes » ne seront plus financées car pas assez rentables et jugées inutiles. Ces filières devront donc être financées par leurs usagers, ce qui induit une forte sélection sociale.

 

Les entreprises feront leur entrée dans les conseils d'administration pour imposer leurs propres intérêts au monde universitaire.

 

Demain les classes populaires devront se contenter d'un savoir amputé, alors que les plus riches , auront le choix entre une école publique, gratuite et laïque mais oubliée par l'Etat qui ne donne pas les fonds nécessaires pour un enseignement de qualité et une école privée d'élite.

 

 

 

Pour une autre école, changeons la société !

 

 


L’école et l’université ont besoin de moyens conséquents, d’enseignants et de personnels en plus grand nombre et mieux formés, c’est la condition pour s’attaquer aux inégalités et permettre l’égalité de droits pour la réussite de tous.

Le gouvernement persiste, après l’annonce du projet de réforme de l’université, l’aménagement de la carte scolaire, le Ministre annonce la réduction de 17 000 postes dans le budget 2008 de l’Éducation Nationale. Tout cela participe d’une politique de démantèlement du service public de l’enseignement dont l’objectif est la mise en place d’une école à plusieurs vitesses adaptée aux besoins de l’économie capitaliste mondialisée. L’Éducation Nationale a déjà perdu plus de 60 000 postes depuis 2002, avec pour conséquence davantage d’inégalités.

 

Les militants communistes de La Riposte dénoncent de tels choix idéologiques.

 

Nous affirmons qu’en dépit des inégalités qui y règnent, notre système d’éducation publique est un acquis social majeur qu’on doit absolument défendre.

En même temps, les attaques du gouvernement contre le système universitaire donnent toute la mesure de l’impasse réactionnaire dans laquelle est entré le capitalisme.

 

De même que la production d’immenses richesses se réalise au détriment du niveau de vie et des conditions de travail des salariés, l’éducation des jeunes des classes populaires est considérée, au-delà d’une certaine limite, comme un faux-frais du système.

 

A l’inverse, nous croyons qu’une organisation socialiste de la société s’appuierait sur les énormes ressources économiques accumulées par l’histoire pour lancer un vaste plan d’éducation, qui donnerait à chacun la possibilité de pousser sa formation intellectuelle aussi loin qu’il le souhaite.

 

Mais l’heure est à la résistance face aux attaques du gouvernement.

 

Dans ces 5 années d'un gouvernement qui ne fera pas de cadeaux aux classes populaires, l'université et toute l'éducation vont subir de nombreuses attaques. Il faudra choisir entre la lutte ou la soumission.

Publié dans : Luttes locales
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Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 10:58
 Succès de notre campagne pour la nationalisation d’Airbus-EADS

Lancée au moment de l’annonce du Plan « Power 8 », début mars, notre campagne pour la nationalisation d’Airbus-EADS a rencontré un excellent écho. En l’espace de quelques semaines, notre « Appel international » a réuni plus de 1000 signatures, dont la plupart de militants communistes et syndicaux. Plus de 300 signatures nous sont parvenues d’Espagne, de Belgique, d’Italie, d’Autriche, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, des Etats-Unis et du Pakistan – entre autres. En Allemagne, nos camarades ont fait adopter notre appel, sous forme de résolution, à la conférence régionale de « Solid », l’organisation de jeunesse du Linkspartei (le « Parti de Gauche »), à Hessen. Au Pakistan, nos camarades de Multan, une ville du Punjab, ont organisé une réunion publique en solidarité avec les travailleurs d’Airbus-EADS, et ont voté une résolution reprenant le contenu de l’appel.


A Marseille, Paris et Toulouse, nous avons diffusé l’appel à l’entrée des meetings électoraux des candidats de gauche à l’élection présidentielle. Nous étions également présents aux fêtes du PCF du Rhône et de l’Isère, en mars et juin dernier, où nous avons fait connaître notre initiative aux militants communistes de ces régions.


Lors du congrès de l’UNEF qui s’est tenu à Lille, du 22 au 25 mars, nos camarades étudiants ont diffusé notre appel et ont défendu une motion reprenant son contenu. La motion a été adoptée à une large majorité – non sans que la direction de l’UNEF l’ait préalablement et arbitrairement purgée de toute référence au « contrôle démocratique des salariés ». Mais le plus important n’est pas là. Nous avons suscité l’intérêt et le débat, sur cette question, parmi les militants de l’UNEF, et c’était bien notre principal objectif.


Le 6 avril dernier, dans le 18e arrondissement de Paris, nous avons organisé une réunion publique sur le thème de la révolution vénézuélienne et de ses enseignements pour la lutte contre les fermetures et plans sociaux, en France. Notre camarade Hubert Prévaud, syndicaliste chez Airbus, y a exposé la situation dans l’entreprise, et a défendu les mots d’ordre de notre campagne. Une trentaine de personnes ont participé au débat, dont une majorité de jeunes.


Enfin, nous avons collé des milliers d’affiches de notre campagne (photo), dans différentes villes de France.


Nous ne comptons pas nous arrêter là. On continue de faire signer l’appel. D’autres réunions seront programmées. L’affichage se poursuivra. Malgré nos modestes moyens, le succès de notre initiative prouve que non seulement les militants de gauche, mais aussi de nombreux travailleurs comprennent et soutiennent le mot d’ordre de nationalisation d’Airbus sous le contrôle des salariés. Cela montre l’impact colossal qu’aurait une campagne de cet ordre si elle était menée par les grandes structures syndicales et les partis de gauche.


Pour lire l’appel et voir la liste des signatures, cliquez ICI.

 


La Riposte
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /Juil /2007 19:42
Un appel de nos camarades mexicains d’El Militante
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Salvador : non à la répression du BJP !<br>Un appel de nos camarades mexicains d’El Militante

Le 2 juillet dernier, la police du Salvador a arrêté Mario Belloso, qu’elle accuse d’avoir tué un policier au cours d’une manifestation pacifique qui s’est déroulée le 5 juillet 2006.

Cet événement a été utilisé par le gouvernement réactionnaire d’Antonio Saca pour prendre une série de mesures destinées à criminaliser la lutte des travailleurs et des jeunes salvadoriens, à restreindre les liberté d’expression, de manifestation et d’association, et à attenter en général à toutes les libertés démocratiques que le mouvement ouvrier a gagné à travers des décennies de lutte.

La loi « anti-terroriste » est l’illustration la plus claire de cette politique réactionnaire. Adoptée en septembre 2006, elle est constituée de 53 articles décrivant 29 types d’activités désormais classées parmi les « actes terroristes » passibles de peines de prison allant de 5 à 65 ans. Cela signifie que toute action susceptible de créer de l’insécurité, de troubler l’ordre public ou d’effrayer la classe dirigeante pourra être caractérisée comme « terroriste ».

L’objectif de cette loi est clairement de criminaliser les luttes du peuple salvadorien, c’est-à-dire de mettre un terme à la mobilisation de la jeunesse et des travailleurs contre le gouvernement corrompu du président Saca, notamment dans la perspectives des élections présidentielles de 2009.

La tendance marxiste mexicaine El Militante est opposée aux méthodes de lutte qui ne reposent pas sur l’organisation de la masse des travailleurs. Nous sommes opposés au fait de remplacer l’organisation consciente des masses par des actions isolées qui, non seulement n’élèvent pas le niveau de conscience de la classe ouvrière, mais servent aussi de prétexte à la classe dirigeante et à son Etat pour réprimer les organisations des travailleurs.

En même temps, nous dénonçons l’hypocrisie de la classe dirigeante, de son gouvernement et de ses partis, qui dénoncent la violence tout en exerçant la pire des violences – à travers la police et l’armée, mais aussi par l’exploitation sauvage de millions de travailleurs dans les entreprises et les campagnes. Cette violence pousse des individus à se lancer dans des actions isolées et désespérées qui ne sont d’aucune efficacité dans la lutte contre l’exploitation capitaliste.

Le gouvernement salvadorien a utilisé les événements susmentionnés pour se livrer à des attaques et des arrestations contre des organisations ouvrières et révolutionnaires. Par exemple, il a réprimé une manifestation dans la petite communauté rurale de Zuchitoto. Les villageois protestaient contre la privatisation de l’eau le jour d’une visite du président Saca, le 3 juillet. La « Police de Réaction », une police d’élite, a arrêté cinq militants (dont trois femmes) en les accusant de terrorisme.

En même temps, le président a fait une déclaration publique dans laquelle il a calomnié le Bloc de la Jeunesse Populaire (BJP), ainsi que d’autres organisations, en les accusant d’être impliquées dans coups de feu visant des policiers, lors de la manifestation du juillet 2006.

Il s’agit clairement, de la part du gouvernement, d’une provocation à l’encontre du mouvement ouvrier salvadorien. Le BJP est une organisation de jeunes et de travailleurs, membres du FMLN et d’organisations syndicales, qui a toujours lutté pour défendre les droits et les conditions de vie des travailleurs. C’est précisément pour cette raison que le BJP s’est attiré les foudres du gouvernement d’Antonio Saca.

Le gouvernement menace d’arrêter des dirigeants de plusieurs organisations de gauche, en visant en premier lieu les plus militantes, comme le BJP. C’est pourquoi nous lançons cet appel. Nous alertons le mouvement ouvrier international et appelons à sa mobilisation pour mettre un terme à cette vague de répression, pour défendre les libertés démocratiques du peuple Salvadorien et pour obtenir la libération des prisonniers politiques. Aujourd’hui plus que jamais, faisons entendre le cri de ralliement de la Première Internationale : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! »

Non aux attaques contre le BJP ! Libération immédiate de tous les prisonniers politiques ! Contre le terrorisme d’Etat, mobilisation de masse !

*

Pour signer la lettre de protestation aux autorités salvadoriennes : http://www.militante.org/index.php ?option=com_facileforms&Itemid=104

Publié dans : Solidarité internationale
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /Juil /2007 13:11
L’avenir du PCF : réformisme ou marxisme

L’avenir du PCF : réformisme ou marxisme


Le nouveau revers subi par le PCF, au premier tour des présidentielles, a envoyé une onde de choc à travers le parti. Comment est-il possible que le PCF recule encore, au terme d’un quinquennat marqué par des attaques à répétition contre les droits et les conditions de vie des travailleurs et de la jeunesse, ainsi que par plusieurs vagues de contestation, de grèves et de manifestations d’une ampleur sans précédent, depuis les événements révolutionnaires de mai 1968 ? Au cours de ces cinq années, des millions de personnes sont entrées en lutte contre les injustices du capitalisme. En 2003, il y a eu la mobilisation colossale contre la réforme des retraites et le mouvement contre la guerre en Irak ; en 2005, la mobilisation contre la Constitution Européenne ; en 2006, le mouvement contre le CPE – pour ne citer que les événements les plus importants. Au-delà même des rangs des manifestants et des grévistes, la colère et l’amertume face aux injustices étaient – et sont toujours – palpables. Les émeutes de novembre 2005 en étaient une expression, parmi bien d’autres.

Dans un tel contexte, un Parti Communiste devrait être comme un poisson dans l’eau. Et pourtant, force est de constater que l’assise sociale et électorale du parti, loin de se renforcer, s’est encore réduite au cours de la dernière période. 
 
La direction du parti a convoqué un Congrès extraordinaire pour tirer les enseignements de cet échec. C’est une excellente initiative. Mais le Congrès ne résoudra rien s’il se contente des « explications » superficielles qu’on trouve dans les premiers communiqués que la direction nationale a publiés dans la foulée du 22 avril. Il est vain de chercher à expliquer le déclin électoral du PCF en invoquant des facteurs extérieurs au parti.

Causes externes ou internes ?
 

Par exemple, le rapport présenté par Olivier Dartigolles, lors du CN du 24 avril dernier, évoque le rôle des médias, qui n’auraient pas aidé le PCF. Evidemment qu’ils ne l’ont pas aidé ! Ils ne l’ont jamais aidé et ne l’aideront jamais. Les grands médias sont entre les mains du camp adverse. Dartigolles estime par ailleurs que le « jeu des institutions » capitalistes n’a pas, lui non plus, favorisé le PCF. Mais le contraire serait étonnant, n’est-ce pas ? Enfin, la stratégie de la direction du PS aurait fait du tort au PCF, semble-t-il, en jouant sur la peur des électeurs de gauche de revoir Le Pen au deuxième tour, et en les incitant donc à voter socialiste dès le premier tour. Mais s’attend-on vraiment à ce que les dirigeants du PS mènent campagne pour augmenter le score du PCF ? Tous les arguments de ce genre font penser à un boxeur vaincu qui, pour expliquer sa défaite, se plaint du fait que son adversaire n’arrêtait pas de lui porter des coups.   

Le rapport semble enfin réhabiliter la veille « théorie » – dont on a si souvent usé et abusé, dans l’histoire du PCF – d’un « glissement de la société vers la droite ». Nous nous trouvons là face à un cas flagrant de tautologie. Pourquoi la gauche a-t-elle perdu ? Pourquoi le score du PCF s’effondre-t-il ? Eh bien, voyez-vous, s’il n’y a pas de glissement vers la gauche, c’est sans doute parce qu’il y a un glissement vers la droite !  

En réalité, au cours des dernières années, la situation objective, dans le pays, a été – et demeure – extrêmement favorable au développement du Parti Communiste. La lutte des classes ne se développe jamais de façon linéaire, régulière. Inévitablement, elle est ponctuée par des périodes de reflux, de fatigue et de désorientation. Mais, dans l’ensemble, depuis 1995, la courbe des luttes sociales et politiques est ascendante. Et pourtant, sur la même période, la courbe du PCF a évolué dans le sens inverse. Les difficultés du PCF ne sont donc pas liées à des éléments extérieurs au parti. Elles ont des causes politiques internes. Ce sont ces causes-là qu’il faut regarder en face si nous voulons arrêter le déclin du PCF et le mettre en position de reconquérir le terrain perdu.  

Il est vrai que, dans cette élection, le « vote utile », c’est-à-dire le vote tactique d’une partie de l’électorat de gauche visant à assurer la présence de Ségolène Royal au deuxième tour, a joué contre le PCF. Mais on aurait tort d’attribuer une trop grande importance à ce phénomène. Il faut regarder la situation du parti dans son ensemble, et pas seulement dans sa dimension électorale. Est-ce le vote utile qui a fait disparaître les sections d’entreprise ? Est-ce le vote utile qui a mené à la disparition de très nombreuses cellules locales du parti ? Est-ce le vote utile qui fait que le MJCF, malgré ses récents progrès, n’est que l’ombre de ce qu’il était il y a une quinzaine d’années ? Est-ce le vote utile qui a miné l’influence du parti dans la CGT, plombé les ventes de L’Humanité, plongé le parti dans la dette et mené à sa dislocation politique, au point que de nombreux dirigeants nationaux ont publiquement soutenu José Bové contre la candidate de leur propre parti ? Le fait est que le PCF est en train de perdre son assise non seulement auprès de la masse de l’électorat, mais aussi dans la couche la plus consciente et militante de la jeunesse et du salariat.   

« Vote utile » ou pas, cette perte d’influence et de crédibilité dans l’« avant-garde » du salariat, et la perte conséquente des relais du parti dans le mouvement ouvrier et le salariat en général, s’accompagnent d’un déclin sur le plan électoral. Tous les aspects de cet affaiblissement sont indissociables, et ses causes sont autrement plus profondes que les réflexes tactiques d’une frange de l’électorat.

L’expérience de la gauche au pouvoir 
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Seule une fraction relativement réduite des travailleurs se forge son opinion sur les partis en lisant leurs programmes détaillés ou par une réflexion « idéologique ». La masse des travailleurs se fait son opinion sur la base de son expérience. Et quelle est cette expérience ? A trois reprises, depuis 1981, les travailleurs et les jeunes de ce pays ont porté la gauche au pouvoir – malgré le « jeu des institutions » et malgré le rôle des médias – dans l’espoir d’en finir avec les problèmes engendrés par le capitalisme. Au cours des 25 dernières années, la gauche a été au pouvoir pendant 15 ans (1981-86, 1998-1993 et 1997-2002). Le PCF a participé à ces gouvernements pendant 8 ans (1981-1984 et 1997-2002). Chaque fois, les dirigeants de ces partis ont promis un « changement ». Mais chaque fois, il n’y a pas eu de changement.  

Sur toutes les questions fondamentales, les gouvernements de gauche se sont alignés sur les intérêts des capitalistes. Sous la droite comme sous la gauche, les inégalités sociales se sont aggravées. La grande misère – soupes populaires, SDF par centaines de milliers, chômage de longue durée, emploi précaire, « travailleurs pauvres », etc. – s’est accrue, cependant que des pans entiers de l’infrastructure industrielle du pays ont été privatisés, détruits ou délocalisés. Cette élection ne démontre pas que les travailleurs, les chômeurs, les jeunes et les retraités qui ont objectivement intérêt à rejeter la droite sont devenus réactionnaires ou se sont laissés gagnés par des « comportements inquiétants », pour reprendre la formulation du rapport de la direction fédérale de Paris. Elle signifie surtout qu’à partir de leur propre expérience, beaucoup de travailleurs ont tiré la conclusion que le programme de la gauche – PS et PCF confondus – ne propose aucune alternative sérieuse au capitalisme, que ce système est le seul possible, et qu’il va donc falloir faire avec. Le fond du problème est là, et non dans un épisodique « vote utile ».  

Marie-George Buffet a dit que le résultat du premier tour ne traduit pas l’implantation sociale et l’audience réelles du PCF. Nous partageons ce point de vue. Elle a également dit que l’avenir du PCF ne dépendait pas d’un score électoral. Ceci est également vrai. Mais alors, de quoi dépend, au juste, l’avenir du PCF ? Il dépend, avant tout, du soutien de la couche la plus militante et politiquement consciente du salariat et de la jeunesse – celle qui est consciemment à la recherche d’un moyen d’en finir avec le capitalisme. C’est cette couche-là qui, tout au long de l’histoire du parti, a formé le socle essentiel de son assise sociale, et qui a permis au PCF, pendant les grandes offensives militantes et révolutionnaires des travailleurs, d’acquérir une véritable base de masse. Perdre ce socle, c’est condamner le PCF à l’effritement et, à terme, à la disparition. 

L’expérience de la participation gouvernementale des dirigeants communistes – avec le blocage des salaires, les fermetures et la suppression de dizaines de milliers d’emploi dans les bassins industriels (sidérurgie, charbonnages) en 1983-84, puis les privatisations sous Jospin – a démoralisé et désorienté la base du PCF et miné sa position électorale. Elle a convaincu les travailleurs que, même si le discours du PCF est plus à gauche et plus revendicatif que celui du PS, au fond, dans la pratique, sa politique n’est pas fondamentalement différente. Ce que l’électorat socialiste tolère, en grinçant les dents, de la part des dirigeants du PS, l’électorat communiste ne le tolère pas de la part du PCF. Un parti « communiste » qui privatise ne sert à rien, si ce n’est à démoraliser son propre camp. C’est là que se trouve la clé de l’affaiblissement organisationnel et électoral du parti.
  

Au nom de la « modernité », le programme du parti a été progressivement vidé de toute mesure susceptible de remettre en cause la propriété capitaliste des banques, des grands groupes industriels et de l’économie en général. Le programme ne contient presque aucune nationalisation. Il avance une série de mesures destinées à réduire les profits des capitalistes – par des taxes, des prélèvements, des amendes, des augmentations de salaire, etc. –, mais ne vise pas à mettre un terme au système du profit. Il évite soigneusement de toucher à la propriété capitaliste. Ce réformisme « anti-libéral » constitue, en substance, un abandon du socialisme et un ralliement à l’économie de marché, c’est-à-dire au capitalisme. Dans la pratique, la défense de ce que Robert Hue appelait « l’économie de marché à dominante sociale » a mené à l’approbation des privatisations massives réalisées par le gouvernement Jospin.  

« La nature a horreur du vide », disait Aristote, et le vide laissé par l’abandon du socialisme a été comblé en puisant dans le bric-à-brac intellectuel « altermondialiste » qui fait le fonds de commerce de mouvements comme ATTAC ou la Fondation Copernic. L’idée, derrière ce virage – ou ce « glissement » – du programme du parti vers la droite, était sans doute de le rendre plus acceptable aux yeux d’une certaine « opinion publique ». Mais il n’obtiendra jamais l’adhésion des jeunes travailleurs qui cherchent une alternative sérieuse au capitalisme.  

Ce qui faisait la force du PCF, dans le passé – malgré tous les zigzags, les aberrations et les crimes de l’époque stalinienne – c’était que les travailleurs les plus avancés le considéraient comme le parti du changement révolutionnaire, le parti qui voulait abolir le capitalisme. Mais que trouvent-ils, aujourd’hui, dans le programme du PCF ? Va-t-on vraiment faire croire à des gens sérieux qu’on peut éliminer le chômage au moyen de « bonus » accordés aux patrons qui favorisent l’emploi, ou d’amendes et de sanctions fiscales pour ceux qui licencient ? Peut-on sérieusement prétendre que le « commerce équitable », la taxe Tobin, la réforme du FMI, ou encore la création d’une monnaie mondiale (le dernier dada de la rédaction de l’Humanité), constituent des armes sérieuses contre la rapacité patronale et le capitalisme ?

   

Expliquer les idées du socialisme

 
Face aux problèmes concrets posés par le capitalisme, il faut des réponses concrètes. Quel est, par exemple, le programme du PCF pour empêcher les délocalisations et les fermetures d’entreprises ? Cherchez partout : vous ne trouverez rien. Et pour cause : la seule façon d’empêcher les fermetures et les délocalisations, c’est l’occupation de l’usine et la lutte – faisant appel à la solidarité active du mouvement ouvrier et de la population en général – pour la nationalisation de l’entreprise sous le contrôle et la gestion des travailleurs. Voilà le programme que le PCF devrait défendre et s’efforcer de populariser. Mais la nationalisation ne cadre pas avec le réformisme « anti-libéral » actuellement en vogue dans les instances dirigeantes du parti. En conséquence, elles se retrouvent à implorer les patrons de changer d’avis – avec des cadeaux financiers à la clé – ou à chercher des repreneurs capitalistes. 
Le système capitaliste exige la régression sociale dans tous les domaines. Quel que soit le taux de croissance du PIB, il n’autorise pas la mise en œuvre de réformes sociales conséquentes. Au contraire, la croissance du PIB dépend directement de l’augmentation du taux d’exploitation des salariés. La force motrice du capitalisme, c’est le profit. Les dirigeants du Parti Socialiste ont tenu compte de cette réalité. Leur programme ne contient aucune réforme conséquente. C’est pour cette raison qu’ils ont perdu les élections. Et c’est pour cette raison, aussi, qu’ils sont prêts à faire cause commune avec l’UDF. 
Face à cette situation, nous avons besoin d’un PCF qui expose et explique la faillite du réformisme. Mais ceci n’est évidemment pas possible tant que le PCF lui-même ne sort pas du marécage « anti-libéral ». Le PCF doit dire clairement aux travailleurs qu’ils ne trouveront aucune solution aux problèmes sociaux et économiques sur la base du capitalisme, et que la lutte pour défendre l’emploi, les services publics et tout ce qui détermine leur niveau de vie est absolument indissociable de la lutte pour abolir la propriété capitaliste des banques et des ressources économiques en général. Il faut expliquer aux travailleurs qu’ils doivent s’emparer des moyens de production, qu’ils doivent, comme le disait Marx, s’ériger en classe dirigeante à la place des capitalistes, et organiser démocratiquement la vie sociale et économique du pays pour répondre à leurs propres besoins. 
Le capitalisme n’apportera que précarité, chômage et pauvreté. Il démolira progressivement toutes les conquêtes sociales du passé. Quand Sarkozy parle de « liquider l’héritage de mai 1968 », il ne veut pas dire autre chose. Dans ces conditions, nous avons besoin d’un parti dont le programme est en conformité avec son nom. Il faut écarter les idées fallacieuses et inconséquentes du réformisme « anti-libéral » et adopter le programme et les idées du socialisme révolutionnaire.
 



Greg Oxley, PCF Paris
Publié dans : PCF
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /Juil /2007 12:52

Nous reprennons ici un article des JC du Pévèle-Mélantois. La section Nord-Pas-de-Calais de la Riposte s'associe à la position prise par les jeunes camarades de cette Union de ville du MJCF Nord.

Femerture de Délistar à Seclin : 75 licenciements.



En mai dernier, les salariés de cette usine de fabrication de Pizzas fraîches et entrées cuisinées, implantée sur l'ancien site Danone s'étaient mis en lutte pour sauver leurs emplois.
Leur direction avait en effet décidé de cesser l'activité et avait même été placée en redressement judiciaire. Une quinzaine de repreneurs potentiels s'étaient alors fait connaître mais aucun projet de reprise n'a abouti.


Les salariés n'avaient pourtant pas baissé les bras et s'étaient courageusement battus pour préserver leur emploi. Tractages, réunion symbolique sur le parvis de l'hotel de ville, etc..
Ils avaient été soutenus par les syndicats et par les communistes.
Le Maire Communiste de Seclin, Bernard Debreu, avait apporté tout son soutien aux 75 salariés. (Cf photo)
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Comme souvent, Délistar n'est qu'une branche d'une filiale bien plus grande. Dans le cas présent, l'entreprises seclinoise n'était qu'une filiale du groupe alimentaire Finalim.

Les salariés de Délistar, tout comme les salariés d'Airbus ou de beaucoup d'autres entreprises (malheureusement les cas se comptent à la pelle) se voient privés d'avenir par les propriétaires de leur entreprise. Les 75 familles de Delistar ont été à la merci d'actionnaires qui, après avoir fait planer le doute de reprendre l'entreprise, ont finalement décidé d'aller investir ailleurs, pour plus de rentabilité.

Dans notre région, les salariés de l'usine ECCE de Poix-du-Nord qui va bientôt délocaliser son activité afin d'accroître les taux de profits sont confrontés à la même réalité : la propriété privée entraîne irrémédiablement des drames humains de plus en plus nombreux.

Pour ces familles, le "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy résonnera désormais de façon bien particulière.

En tant que Jeunes Communistes nous sommes conscients du devoir et de la nécessité d'accompagner et d'aider ces salariés, mais nous savons qu'il est surtout urgent de faire tourner la roue de l'histoire. Les drames du capitalisme se succèdent et se généralisent. Aucune solution pérène ne sera trouvée sans résoudre la question centrale de la propriété de l'économie.

Face à cette rapacité croissante de la Bourgeoisie et aux conséquences sur l'économie et le salariat, nous avons le choix de la passivité ou de la lutte. En tant que communistes, nous pensons que l'économie ne peut pas être gérée par une minorité de capitalistes mais qu'elle doit être profondément démocratisée. La société que nous voulons bâtir inclut une économie placée sous le contrôle des travailleurs. Les véritables créateurs de richesses sont les plus aptes à gérer leur entreprise, et cela se vérifie actuellement au Vénézuela où plusieurs secteurs clés de l'économie ont été nationalisés sous contrôle démocratique mais aussi en France avec des exemples comme Airbus où le conseil d'administration d'EADS choisi d'offrir à Noël Forgeard une indemnité de licenciement de 8,4 millions d'euros et d'offrir aux salariés un plan de 10 000 suppressions de postes.

Les Jeunes communistes de l'ouest du pévèle et du mélantois refusent ces choix et opposent à la dictature du Fric, le contrôle démocratique de l'économie française par l'ensemble des salariés. 

http://mjcf.pevele-melantois.over-blog.fr/


La section Nord-Pas-de-Calais de la Riposte apporte tout son soutien aux salariès de l'entreprise Délistar de Seclin. 
Par MJCF Pévèle-Mélantois - Publié dans : Luttes locales
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